
Fin de la moratorium des expulsions en Espagne : Conséquences et nouveautés légales en 2026
Fin février 2026, le paysage immobilier et procédural en Espagne a connu l'un des changements les plus significatifs de ces dernières années : la fin définitive du moratoire sur les expulsions. Après près de six ans de prolongations consécutives, le Congrès des députés a rejeté la validation du dernier décret-loi du gouvernement, ce qui entraîne la réactivation immédiate de milliers de procédures judiciaires qui étaient paralysées.
La chute du « Bouclier Social »
Le mécanisme connu sous le nom de « bouclier social », conçu pour protéger les ménages vulnérables sans solution de logement des expulsions, a expiré le 25 février 2026 suite au rejet parlementaire de sa validation. Bien que le gouvernement ait tenté de prolonger cette mesure exceptionnelle jusqu'au 31 décembre 2026 par le biais du décret-loi royal 2/2026, le manque de soutien politique a entraîné son abrogation. Par conséquent, les tribunaux ne disposent plus de la base légale qui justifiait la suspension des expulsions pour des raisons de vulnérabilité économique.
Égalité des chances pour tous les propriétaires
Le décret qui vient d'être annulé introduisait une nouveauté cruciale : il exemptait de la suspension les petits propriétaires détenant un ou deux logements, ne maintenant la paralysie que pour les grands propriétaires. Cependant, la norme étant tombée dans son intégralité, cette distinction disparaît. Dans le cadre légal actuel, les petits épargnants comme les grands propriétaires ont la même capacité pour reprendre les expulsions et retrouver la possession de leurs biens immobiliers.
Retour à la LAU et à la loi de procédure civile
D'un point de vue procédural, la fin de ce moratoire extraordinaire implique un retour strict aux mécanismes ordinaires établis par la loi sur les baux urbains (LAU) et la loi de procédure civile (LEC). Les tribunaux relanceront les litiges concernant :
Impago de rentas de alquiler.
Expiration du délai légal du contrat.
Occupation sans titre légal (précaire).
De plus, une conséquence importante de cette abrogation est que les propriétaires perdent le droit de demander des compensations financières aux communautés autonomes pour la période pendant laquelle leurs logements sont restés bloqués.
Prochaines étapes procédurales : Que doivent faire les personnes concernées ?
La réactivation des expulsions ne sera pas automatique dans tous les tribunaux. Pour les propriétaires dont les procédures ont été suspendues en 2020 ou des années après, il est impératif que leur représentant légal dépose une requête demandant formellement la levée de la suspension et la fixation d'une nouvelle date pour l'expulsion.